Faciliter l'accès à des aliments sains
Avez-vous un endroit tout près où trouver des aliments frais, sans que cela devienne une expédition ?
Un milieu de vie complet permet aux personnes de satisfaire leurs besoins quotidiens, tout en soutenant leur santé. L’accès à une variété d'aliments nutritifs à proximité du domicile contribue à une alimentation saine, facteur clé de santé publique.
La présence de commerces et de services alimentaires dans le voisinage favorise une alimentation plus variée et réduit la dépendance à l'automobile. Cela permet à chacune et chacun, peu importe son mode de déplacement, de se procurer souvent et facilement des aliments frais.
Que vise-t-on?
Une épicerie de proximité
Pour assurer un véritable accès à une alimentation saine, un commerce alimentaire doit:
être ouvert sur des plages horaires étendues (journée/soirée et tous les jours), toute l'année;
offrir une variété d’aliments, notamment des fruits et légumes frais;
D’une manière générale, il s’agira d’une épicerie de proximité. Dans certaines situations, d’autres commerces peuvent combler ce besoin, comme un marché permanent, une halle alimentaire complète, ou un dépanneur avec une offre alimentaire enrichie.
Les cibles proposées qualifient les milieux les plus complets dans une perspective long terme. Elles offrent un point de repère pour orienter l'action municipale et mesurer la progression de manière continue. Pour les atteindre, les municipalités peuvent déterminer des cibles intermédiaires, adaptées à leur point de départ, tout en conservant l'ambition d'atteindre à terme les cibles des milieux les plus complets.
Dans la pratique, chaque collectivité comptera des milieux plus ou moins complets. Tous les voisinages ne seront pas en mesure d'atteindre l'ensemble des cibles. L'objectif est donc davantage de faire progresser chaque milieu en misant particulièrement sur ceux disposant déjà d'un bon potentiel. Dans bien des municipalités, il est réaliste de viser la complétude des noyaux villageois, des quartiers centraux ou des principaux corridors d'urbanisation.
Lorsqu'une cible n'apparaît pas réaliste pour un milieu donné, il est possible de considérer des mesures palliatives, tout en gardant en tête que chaque paramètre répond à un besoin réel pour la population. Le rôle des collectivités est d'y répondre au mieux de leurs capacités et de viser une progression continue, qui est au cœur des objectifs du guide.
Une distance de 800 mètres correspond à un déplacement à pied d’une durée d’environ 10 minutes pour une personne adulte n'ayant pas de limitations fonctionnelles. Il s’agit d’un temps de déplacement généralement considéré comme acceptable pour rejoindre un commerce alimentaire.
Afin de refléter l’accessibilité réelle, les distances considérées sont selon le réseau de rues, et non à vol d'oiseau. En savoir plus.
L'accessibilité des aliments frais et variés est un élément essentiel à une saine alimentation. L'indicateur proposé évalue uniquement la localisation des commerces alimentaires, et leur distance des lieux de résidence des ménages. Pour une réelle accessibilité pour l'ensemble des ménages, il est également important de prendre en considération l'accessibilité physique des bâtiments, les infrastructures de mobilité pour s'y rendre, la qualité des aliments et leur abordabilité.
Pour enrichir l’analyse, les organisations municipales peuvent évaluer:
l’accessibilité économique de l’offre alimentaire (est-elle abordable pour les ménages à faible revenu?);
la qualité et la diversité des aliments disponibles (p. ex. variété de fruits, légumes, aliments non transformés, aliments culturels);
les conditions d’accès physique (p. ex. réseau piétonnier continu, sécurité des traversées, obstacles à la mobilité).
Les municipalités disposent de plusieurs leviers pour maintenir ou améliorer l’accès alimentaire dans les milieux de vie.
Exemple de mesures pour passer à l'action:
Planification et réglementation
Répertorier les points de distribution alimentaire sur le territoire afin d'identifier les secteurs moins bien desservis.
Se doter d'une politique alimentaire et identifier des actions prioritaires pour améliorer l'offre alimentaire de proximité.
Autoriser les épiceries de petite taille dans toutes les zones résidentielles.
Limiter la superficie des commerces alimentaires pour assurer une meilleure répartition sur le territoire.
Limiter l’implantation des établissements de restauration rapide sur le territoire.
Autoriser l’agriculture urbaine dans toutes les zones du périmètre d’urbanisation.
Interventions directes
Offrir des espaces pour des jardins communautaires ou collectifs.
Au besoin, organiser un service de transport pour faciliter l’accès aux commerces et aux autres dispositifs d’approvisionnement alimentaire.
Appui d'initiatives
Mettre en place un programme pour l'accessibilité universelle aux commerces pour soutenir l’adaptation des bâtiments accueillant des commerces alimentaires.
Soutenir l'implantation de commerces alimentaires dans les centralités (p. ex. don de terrain, location d'un espace dans un bâtiment municipal, subvention).
Soutenir les initiatives d’épiceries à tarification solidaire ou de coopératives alimentaires dans les milieux de vie.
Encourager la vente de produits locaux (p. ex. localiser stratégiquement des marchés publics et les points de cueillette de paniers maraîchers, encourager les commerces à offrir plus de visibilité aux produits locaux).
Soutenir le développement d'une épicerie mobile (p. ex. aide financière, espaces de stationnement dédiés).
Soutenir les initiatives communautaires favorisant l’accès à une alimentation saine et de proximité (p. ex. dons de surplus alimentaires, coopératives alimentaires, sensibilisation à la saine alimentation, ateliers de transformation).
Par ailleurs, les municipalités peuvent déployer différentes mesures transversales qui renforcent la complétude des milieux de vie dans leur ensemble.
L'indicateur mesure si chaque adresse résidentielle a accès à une épicerie ou son équivalent à 800 mètres de marche.
Données nécessaires:
localisation des logements (p. ex. rôle d'évaluation foncière);
localisation des épiceries (ou son équivalent).
Classification des commerces alimentaires
Les commerces suivants sont considérés dans l’analyse:
supermarchés et hypermarchés (IGA, Metro, Provigo, Super C. Maxi & Cie, Walmart);
épiceries générales (fruiteries, épicerie ethnique);
marchés alimentaires permanents;
grandes surfaces spécialisées en alimentation (Avril, Rachelle Béry).
Les commerces suivants sont exclus de l’analyse:
commerces à accès non public ou restreint (Clubs-entrepôts, comme Costco);
commerces spécialisés ou de niche (boucherie, pâtisserie, compléments alimentaires, etc.);
dépanneurs et stations-service, sauf lorsqu'une offre alimentaire complète est présente;
commerces saisonniers (marchés saisonniers, kiosques);
commerces en livraison uniquement.
À partir des données, identifier les immeubles résidentiels qui répondent à la cible (au moins une épicerie à 800 mètres de marche).
Géolocaliser tous les immeubles résidentiels.
Géolocaliser toutes les épiceries ou leur équivalent.
Créer un bassin de marche de 800 mètres pour chaque immeuble résidentiel.
Identifier les immeubles résidentiels dont le bassin de marche comporte une épicerie (p. ex. créer un champ «épicerie = vrai»).
Les données peuvent ensuite être agrégées pour avoir un portrait de la part des logements qui atteignent la cible sur le territoire. En savoir plus.
Limites méthodologiques
Les données ouvertes peuvent qualifier de «commerce alimentaire» un commerce qui ne devrait pas être considéré dans cette analyse (p. ex. commerce alimentaire spécialisé, dépanneur).