Pouvez-vous aller à pied où vous voulez sans craindre pour votre sécurité?
Un réseau piétonnier sécuritaire et accessible est indispensable à un milieu de vie complet. Il permet à toutes les personnes, jeunes ou aînées, à mobilité réduite ou non, de se déplacer en toute confiance pour répondre à leurs besoins du quotidien. L’étendue et la continuité du réseau influencent le choix de la marche comme mode de déplacement, et contribuent à la santé, à l’équité et à la réduction de l’empreinte carbone des déplacements.
Que vise-t-on?
Un réseau de rues réellement marchables
Les cibles proposées qualifient les milieux les plus complets dans une perspective long terme. Elles offrent un point de repère pour orienter l'action municipale et mesurer la progression de manière continue. Pour les atteindre, les municipalités peuvent déterminer des cibles intermédiaires, adaptées à leur point de départ, tout en conservant l'ambition d'atteindre à terme les cibles des milieux les plus complets.
Dans la pratique, chaque collectivité comptera des milieux plus ou moins complets. Tous les voisinages ne seront pas en mesure d'atteindre l'ensemble des cibles. L'objectif est donc davantage de faire progresser chaque milieu en misant particulièrement sur ceux disposant déjà d'un bon potentiel. Dans bien des municipalités, il est réaliste de viser la complétude des noyaux villageois, des quartiers centraux ou des principaux corridors d'urbanisation.
Lorsqu'une cible n'apparaît pas réaliste pour un milieu donné, il est possible de considérer des mesures palliatives, tout en gardant en tête que chaque paramètre répond à un besoin réel pour la population. Le rôle des collectivités est d'y répondre au mieux de leurs capacités et de viser une progression continue, qui est au cœur des objectifs du guide.
En dehors des autoroutes et de quelques exceptions, les déplacements à pied sont autorisés sur l’ensemble du réseau routier. Cela dit, avoir le droit d’y marcher ne suffit pas pour être en sécurité. Pour être considérée comme adaptée aux déplacements piétonniers, une rue devrait posséder des infrastructures dédiées à la marche ou offrir des conditions permettant d’assurer un partage harmonieux de l’espace entre les modes.
L’évaluation tient compte des contextes très différents des rues à caractère résidentiel et de celles qui jouent un rôle plus structurant dans les déplacements. Ainsi sont considérées comme marchables:
les voies structurantes et les voies locales dotées de trottoirs1;
les voies limitées à 30 km/h ou moins2;
les raccourcis piétonniers hors rue.
Notes
1. Les rues dotées d’un seul trottoir sont comptabilisées avec un facteur de pondération (voir la section «Évaluer»).
2. Pour être considérée comme sécuritaire, une rue limitée à 30 km/h ou moins ne devrait pas accueillir un débit supérieur à 1000 véhicules par jour.
Toutes les voies ne jouent pas le même rôle au sein d’une collectivité. Si les voies locales, qui desservent exclusivement les destinations riveraines, représentent souvent une part importante des réseaux de rues, elles ne permettent généralement pas de réaliser l’ensemble des déplacements, particulièrement lorsqu’il s’agit de déplacements utilitaires. En effet, rejoindre les destinations du quotidien impose la plupart du temps d’emprunter des voies structurantes, qui traversent des secteurs ou les relient entre eux.
Analyser séparément les rues locales et les rues structurantes permet donc de refléter l’importance de ces dernières, même lorsqu’elles représentent une faible proportion du réseau. Voir la section «Évaluer» pour plus de détails.
Une distance de 800 mètres correspond à un déplacement à pied d’une durée d’environ 10 minutes pour une personne adulte n'ayant pas de limitations fonctionnelles. Il s’agit d’un temps de déplacement généralement considéré comme acceptable pour rejoindre des destinations de proximité.
Afin de refléter l’accessibilité réelle, les distances considérées sont selon le réseau de rues, et non à vol d'oiseau. En savoir plus.
La présence de rues sécuritaires pour les déplacements à pied est un élément essentiel pour qu’un milieu de vie soit considéré comme marchable, sans pour autant en couvrir tous les aspects.
Pour affiner l’analyse des conditions offertes, différents éléments peuvent être considérés:
le niveau de connectivité (densité des intersections ou coefficient de détour);
la sécurité offerte aux intersections;
la qualité des aménagements piétonniers (largeur, séparation, surface, éclairage);
le confort de l’environnement (mobilier urbain, présence de végétation, bruit, etc.);
le sentiment de sécurité;
l’entretien hivernal.
Découvrir des ressources complémentaires pour aller plus loin
La majorité des rues résidentielles et certaines voies collectrices du territoire trifluvien sont limitées à 30km/h depuis juin 2024. Cette modification de la réglementation de vitesse fait suite à deux années de projet pilote dans 14 secteurs de la ville.
Centré sur la convivialité et la sécurité de l’aménagement des rues et des espaces publics, ce répertoire recense des cas inspirants partout au Québec. De nombreux exemples portent sur des aménagements piétonniers, du plus modeste au plus ambitieux.
Les municipalités et les MRC disposent de plusieurs leviers (planification, réglementation, intervention ciblée, etc.) pour favoriser les déplacements à pied.
Exemple de mesures pour passer à l'action:
Planification et réglementation
Se doter d'un plan de mobilité active ou d'un plan directeur du réseau piétonnier incluant un diagnostic (structure du réseau, état des aménagements, lieux accidentogènes, générateurs de déplacement, barrières, etc.) et des mesures de bonification du réseau piétonnier.
Planifier la sécurisation du réseau piétonnier en fonction des risques et de la proximité de personnes en situation de vulnérabilité.
Développer un guide de conception des rues pour assurer la cohérence des aménagements piétonniers selon les différents types de voies.
Réduire la limite de vitesse à 30 km/h sur les voies locale.
Interventions directes
Profiter de la réfection des rues pour envisager l'implantation d'infrastructures piétonnières.
Assurer la présence de trottoirs de bonne qualité et de largeur suffisante, particulièrement sur les voies structurantes en fonction de leur tracé et des destinations qu'elles desservent.
Aménager les intersections de manière à sécuriser la traversée des personnes piétonnes (feux avec phase exclusive piétonne, temps de traverse suffisant, réduction des largeurs à franchir, éclairage suffisant, installation d'îlot refuge, etc.).
Mettre en place des mesures d'apaisement de la circulation, en priorité à proximité des lieux fréquentés par des personnes vulnérables (garderies, écoles, résidences pour personnes aînées, centre de soins, etc.).
Aménager des liens piétonniers au sein des îlots afin d’augmenter la perméabilité de la trame et de réduire les distances à parcourir .
Implanter du mobilier urbain à intervalle régulier pour permettre aux personnes de se reposer le long des parcours piétonniers.
Aménager des trottoirs larges et adaptés pour les personnes à mobilité réduite.
Assurer un entretien adéquat du réseau piétonnier, particulièrement en hiver, en établissant une hiérarchie des espaces à déneiger.
Par ailleurs, les municipalités peuvent déployer différentes mesures transversales qui renforcent la complétude des milieux de vie dans leur ensemble.
L’indicateur mesure la proportion du réseau qui est jugé sécuritaire pour les personnes piétonnes dans un rayon de 800 mètres de marche du domicile. Ensuite, il est possible de déterminer la proportion de ménages répondant à ce critère dans un territoire donné.
Données nécessaires:
réseau de rues hiérarchisé;
réseau de trottoirs;
réseau de sentiers piétonniers ou polyvalents;
limites de vitesse de circulation;
débits véhiculaires (facultatif).
Pondération des rues en fonction de leurs caractéristiques
> 30 km/h, 0 trottoir = 0,0;
> 30 km/h, 1 trottoir = 0,5;
≤ 30 km/h et débit faible1, 0 trottoir = 0,7;
≤ 30 km/h et débit faible, 1 trottoir = 0,9;
2 trottoirs = 1,0;
Sentiers piétonniers qui permettent la perméabilité2 = 1,0.
Note 1: Pour être considérée comme sécuritaire, une rue limitée à 30 km/h ou moins devrait accueillir un débit faible, typiquement inférieur à 1000 véhicules par jour.
Note 2: Les sentiers piétonniers purement récréatifs n’offrant pas de raccourci entre des voies ou des destinations ne sont pas considérés. En raison de la présence de sentiers piétonniers hors rue, le taux calculé peut dépasser 100%.
Classification des voies locales et structurantes
Pour distinguer les types de voies, les municipalités peuvent:
La méthode consiste à identifier les immeubles résidentiels qui répondent à la cible: au moins 100 % des rues compatibles avec la marche dans un rayon de 800 mètres. Elle tient compte du rôle de la voie, du type d'infrastructure piétonnière et de son accessibilité réelle à partir du domicile.
Caractériser le réseau de rues
Identifier les voies légalement accessibles pour les personnes piétonnes3.
Distinguer les voies structurantes des voies locales.
Appliquer la pondération en fonction de la vitesse maximale autorisée et du nombre de trottoirs.
Géolocaliser tous les immeubles résidentiels.
Créer un bassin de marche de 800 mètres pour chaque immeuble résidentiel à partir des voies théoriquement accessibles.
Identifier les voies réellement accessibles à partir du point d’origine par un réseau continu4.
Calculer la moyenne5 des taux pondérés de voirie marchable pour les voies locales et structurantes du bassin de 800 mètres pour chaque immeuble résidentiel:
Identifier les immeubles résidentiels qui atteignent la cible (p. ex., créer un champ « marchable = vrai »).
Les données peuvent ensuite être agrégées pour avoir un portrait de la part des logements qui atteignent la cible sur le territoire. En savoir plus.
Note 3: Les voies légalement accessibles excluent les autoroutes et les voies interdites aux personnes piétonnes.
Note 4: Pour être considérées dans le calcul, les voies doivent être accessibles à partir du point d’origine (domicile), ce qui implique d’exclure les morceaux de réseau isolés. Ainsi, un tronçon identifié comme marchable à l’étape précédente, mais n’étant pas accessible par d’autres tronçons marchables est ignoré.
Note 5: L’utilisation de la moyenne vise à refléter l’importance des voies structurantes dans les déplacements, même lorsqu’elles ne représentent qu’une faible part du réseau.
Paramètres et méthodes d'évaluation
Pour réaliser un portrait-diagnostic complet, consultez l’annexe méthodologique, qui présente l’ensemble des quinze paramètres et leur méthode d'évaluation.
Découvrir les paramètres liés