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Infrastructures cyclables

Favoriser les déplacements à vélo

Source: Vivre en Ville

Dans votre milieu, le vélo est-il un moyen de transport pratique ou seulement un loisir du dimanche?

Dans un milieu de vie complet, le vélo n'est pas seulement une activité de loisir, mais bien un mode de déplacement à part entière. Il augmente la portée des déplacements possibles, sans pour autant dépendre de l'automobile ou du transport en commun.

Pour les individus, circuler à vélo sur un réseau sécurisé permet d'accéder à des destinations au-delà du voisinage, le tout avec des temps de trajet compétitifs par rapport aux modes de transport motorisés. Au-delà de l'aspect pratique, le vélo est un excellent moyen de faire de l'exercice physique, améliorant la santé cardiovasculaire, réduisant le stress et favorisant l'autonomie, particulièrement chez les jeunes. Pour la collectivité, une augmentation de l’utilisation du vélo permet notamment de réduire la pression sur le réseau routier et les émissions de GES liées au transport, en plus de soutenir l'économie locale.

Que vise-t-on?

Un réseau cyclable utilitaire étendu

  • 75% des rues sécuritaires pour les déplacements à vélo

    dans un rayon de 1600 mètres.

     

Découvrir comment évaluer le réseau cyclable

À quel horizon et dans quels milieux cette cible s’applique-t-elle?

Les cibles proposées qualifient les milieux les plus complets dans une perspective long terme. Elles offrent un point de repère pour orienter l'action municipale et mesurer la progression de manière continue. Pour les atteindre, les municipalités peuvent déterminer des cibles intermédiaires, adaptées à leur point de départ, tout en conservant l'ambition d'atteindre à terme les cibles des milieux les plus complets.

Dans la pratique, chaque collectivité comptera des milieux plus ou moins complets. Tous les voisinages ne seront pas en mesure d'atteindre l'ensemble des cibles. L'objectif est donc davantage de faire progresser chaque milieu en misant particulièrement sur ceux disposant déjà d'un bon potentiel. Dans bien des municipalités, il est réaliste de viser la complétude des noyaux villageois, des quartiers centraux ou des principaux corridors d'urbanisation.

Lorsqu'une cible n'apparaît pas réaliste pour un milieu donné, il est possible de considérer des mesures palliatives, tout en gardant en tête que chaque paramètre répond à un besoin réel pour la population. Le rôle des collectivités est d'y répondre au mieux de leurs capacités et de viser une progression continue, qui est au cœur des objectifs du guide.

Qu’est-ce qu’une rue sécuritaire pour les déplacements à vélo?

En dehors des autoroutes et de quelques exceptions, les déplacements à vélo sont autorisés sur l’ensemble du réseau routier. Cela dit, cette autorisation ne suffit pas pour assurer la sécurité. Le système de classification Can-BICS permet d’évaluer le niveau de confort et de convivialité des voies cyclables selon trois niveaux: très confortable /  moyennement confortable / peu confortable. 

L’évaluation tient compte des contextes très différents des rues à caractère résidentiel et de celles qui jouent un rôle plus structurant dans les déplacements. Ainsi sont considérées comme cyclables: 

  • les voies dotées d’une infrastructure cyclable (voir méthode dans la section «Comment évaluer la proportion des rues sécuritaires pour les déplacements à vélo»;

  • les voies limitées à 30 km/h ou moins qu’elles aient une infrastructure cyclable ou non ;

  • les voies cyclables hors rue (piste ou sentier polyvalent hors rue), en excluant les sentiers de terre ou de gravier.

Pourquoi distinguer les voies structurantes et les voies résidentielles?

Toutes les voies ne jouent pas le même rôle au sein d’une collectivité. Si les voies locales, qui desservent exclusivement les destinations riveraines, représentent souvent une part importante des réseaux de rues, elles ne permettent généralement pas de réaliser l’ensemble des déplacements, particulièrement lorsqu’il s’agit de déplacements utilitaires. En effet, rejoindre les destinations du quotidien impose la plupart du temps d’emprunter des voies structurantes, qui traversent des secteurs ou les relient entre eux. 

Analyser séparément les rues locales et les rues structurantes permet donc de refléter l’importance de ces dernières, même lorsqu’elles représentent une faible proportion du réseau. Voir la section «Évaluer» pour plus de détails.

Pourquoi un rayon de 1600 mètres?

Une distance de 1600 mètres représente un déplacement d’environ 6 minutes à vélo et donne accès à l’ensemble des destinations considérées pour l’évaluation d’un milieu de vie complet. Cette distance permet également de rejoindre des axes cyclables de plus grande portée, le cas échéant.

Bien qu’elle pourrait mieux traduire la réalité des déplacements cyclables, l’utilisation d’une distance plus grande que 1600 mètres aurait également pour effet de gommer les nuances entre les différents milieux évalués et de limiter l’interprétation à l’échelle du milieu de vie. 

Afin de refléter l’accessibilité réelle, les distances considérées sont selon le réseau de rues, et non à vol d'oiseau. En savoir plus.

Pour aller plus loin

L’indicateur proposé mesure uniquement l’étendue du réseau cyclable accessible dans le voisinage. Il ne reflète toutefois ni la qualité des aménagements, ni leur adéquation avec l’achalandage, ni la sécurité réelle des déplacements à vélo. Il ne tient pas compte non plus de la connectivité du réseau avec les destinations qu’il permet de rejoindre, des conditions hivernales ou de la sécurité des intersections.

Pour obtenir un portrait plus complet, l’analyse peut être bonifiée en considérant:

  • la quantité et la diversité des destinations accessibles en vélo;

  • la qualité des aménagements (largeur, protection, revêtement, continuité) en fonction des débits des différents modes de déplacement;

  • le niveau d’entretien, notamment en période hivernale;

  • la sécurité des intersections et des traversées;

  • la présence et la localisation de stationnements pour vélos.

Découvrir des ressources complémentaires pour aller plus loin

S'inspirer d'initiatives porteuses

Corridors VivaCité (Ville de Québec)

La ville de Québec déploie depuis 2024 des corridors cyclables 4 saisons, planifiés à l’échelle de la Ville. Les corridors VivaCité visent à offrir, à terme, un réseau cyclable structurant, adapté à la diversité des besoins de la population.

Répertoire cartographique - aménagement de rues

Centré sur la convivialité et la sécurité de l’aménagement des rues et des espaces publics, ce répertoire recense des cas inspirants partout au Québec. Des dizaines d’exemples d’aménagements cyclables sont présentés, dans toutes sortes de contextes.

Passer à l'action

Les organisations municipales peuvent accroître la part modale du vélo en planifiant un réseau cyclable continu, sécuritaire et bien connecté aux destinations. Plusieurs stratégies permettant également d'améliorer la sécurité et la convivialité des déplacements à vélo.

Exemple de mesures pour passer à l'action:

  • Planification et réglementation
    • Se doter d'un plan de mobilité active ou d'un plan directeur du réseau cyclable incluant un diagnostic (structure du réseau, état des aménagements, lieux accidentogènes, générateurs de déplacement, barrières, etc.) et des mesures de bonification du réseau cyclable.

    • Réduire la limite de vitesse à 30 km/h sur la voirie locale.

    • Intégrer des exigences en matière de stationnement pour vélo dans les nouvelles constructions.

  • Interventions directes
    • Assurer la présence d'aménagements cyclables sur les voies structurantes (en fonction de leur tracé et des destinations qu'elles desservent).

    • Profiter de la réfection des rues pour envisager l'implantation d'infrastructures cyclables.

    • Aménager les intersections de manière à sécuriser les déplacements des personnes à vélo (trottoirs traversants, intersections protégées, feux avec phase exclusive, sas vélo, éclairage suffisant, etc.).

    • Privilégier les pistes cyclables unidirectionnelles séparées de la chaussée et des aménagements piétonniers et réaménager les aménagements bidirectionnels sur rue.

    • Mettre en place des mesures de gestion de la circulation automobile pour limiter la circulation de transit tout en assurant une meilleure perméabilité pour les cyclistes.

    • Aménager des voies cyclables d'une largeur généreuse (supérieure à 1,8 m) permettant un bon déneigement et les dépassements entre cyclistes.

    • Assurer un entretien adéquat du réseau cyclable, particulièrement en hiver, en établissant une hiérarchie des espaces à déneiger. 

    • Offrir des informations directionnelles pour les destinations clés avec des indications de distance, ainsi que pour faciliter l’orientation des cyclistes dans des environnements complexes.

    • Déployer un système de vélos en libre-service.

  • Appui d'initiatives
    • Développer un programme d'implantation de supports à vélos devant les commerces et équipements (guide d'installation, recommandation de supports, subvention, etc.).

    • Soutenir la mise en place de formations pour cyclistes débutants (jeunes et adultes).

Par ailleurs, les municipalités peuvent déployer différentes mesures transversales qui renforcent la complétude des milieux de vie dans leur ensemble.

Découvrir toutes les mesures

Comment évaluer le réseau cyclable

L’indicateur mesure la proportion du réseau qui est jugé sécuritaire pour les déplacements à vélo dans un rayon de 1600 mètres de marche du domicile. Ensuite, il est possible de déterminer la proportion de ménages répondant à ce critère dans un territoire donné. 

Données nécessaires

  • réseau de rues hiérarchisé;

  • réseau cyclable incluant le type d’infrastructure;

  • limites de vitesse de circulation;

  • débits véhiculaires (facultatif).

Classification des voies considérées comme cyclables

  • les voies dotées d’une infrastructure cyclable «très confortable» ou «moyennement confortable» à partir de la classification Can-BICS (piste cyclable séparée de la circulation ou vélorue);

  • les voies limitées à 30 km/h ou moins accueillant un faible débit1;

  • les voies cyclables hors rue (piste ou sentier polyvalent hors rue), en excluant les sentiers de terre ou de gravier.

Note 1: Pour être considérée comme sécuritaire, une rue limitée à  30  km/h devrait accueillir un débit faible, typiquement inférieur à 1000 véhicules par jour.

Traitement des données

La méthode consiste à identifier les immeubles résidentiels qui répondent à la cible: au moins 75% des rues sécuritaires pour les déplacements à vélo dans un rayon de 1600 mètres. La méthode proposée tient compte du rôle de la voie, du type d'infrastructure cyclable et de son accessibilité réelle à partir du domicile.

  • Caractériser le réseau de rues

    • Identifier les voies légalement accessibles pour les cyclistes2.

    • Différencier les voies structurantes des voies locales.

    • Identifier les voies considérées comme sécuritaires.

  • Géolocaliser tous les immeubles résidentiels.

  • Créer un bassin théorique de 1600 mètres pour chaque immeuble résidentiel à partir des voies théoriquement accessibles.

  • Calculer la moyenne3 des taux pondérés de voirie sécuritaire pour les voies locales et structurantes du bassin de 1600 mètres pour chaque immeuble résidentiel :

    • Taux = 0,5 × (réseau local sécuritaire ÷ réseau local légalement accessible) + 0,5 × (réseau structurant sécuritaire ÷ réseau structurant légalement accessible) 

  • Identifier les immeubles résidentiels qui atteignent la cible (p. ex., créer un champ « cyclable = vrai »).

Les données peuvent ensuite être agrégées pour avoir un portrait de la part des logements qui atteignent la cible sur le territoire. En savoir plus. 

Note 2: Les voies légalement accessibles excluent les autoroutes et les voies interdites aux cyclistes.
Note 3: L’utilisation de la moyenne vise à refléter l’importance des voies structurantes dans les déplacements, même lorsqu’elles ne représentent qu’une faible part du réseau. 
Couverture Annexe méthodologique

Paramètres et méthodes d'évaluation

Pour réaliser un portrait-diagnostic complet, consultez l’annexe méthodologique, qui présente l’ensemble des quinze paramètres et leur méthode d'évaluation.

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Découvrir les paramètres liés