Accès à l’eau et activités aquatiques en contexte de conservation
Impacts à prendre en compte pour favoriser une utilisation durable des milieux hydriquesDans un contexte où les instances municipales sont appelées à mettre leurs outils d’aménagement du territoire au service de la conservation des lacs et cours d’eau, en permettre l’accès pour la pratique d’activités aquatiques peut participer à leur utilisation durable. Une compréhension préalable des différentes dimensions de cette décision et de ses impacts potentiels sur les milieux naturels est essentielle.
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Date de publication 10 décembre 2025Date de mise à jour 22 janvier 2026
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L’accès à l’eau, recherché mais inégal
Les plans d’eau (lacs et cours d’eau) représentent des ressources précieuses pour le Québec, en tant que partie intégrante de son patrimoine commun. Ils en façonnent les paysages et participent à l’identité de ces territoires. En ce sens, ils constituent un attrait non négligeable pour le choix du lieu de résidence, pour le développement de secteurs de villégiature et pour la pratique d’activités de plein air. Pour les collectivités, la présence et l’accessibilité des plans d’eau peuvent donc représenter un vecteur identitaire, un facteur de qualité de vie et un moteur économique.
Or, bien qu’ils fassent partie du domaine de l’État, tout le monde n’a pas le même accès à ces plans d’eau. La Fondation Rivières (2025) estime d’ailleurs que plus de 98% des rives des rivières et des lacs du sud du Québec sont inaccessibles au public, en grande partie parce que les berges sont privées (environ 85% des terrains) ou parce qu’elles ne sont pas aménagées pour le public.
Des milieux hydriques fréquentés
L’accès public ou privé à l’eau rend possible la pratique de diverses activités aquatiques, comme l’observation de la nature, la baignade, la navigation et la pêche.
Ces activités nécessitent, selon leur nature, différentes interventions pour aménager les accès au milieu et l’implantation de certains équipements. A minima, elles sont généralement associées au retrait de végétation, à l’aménagement d’un sentier d’accès et à l’installation d’un quai ou d’une rampe de mise à l’eau. Pour des accès publics, elles peuvent aussi nécessiter des infrastructures connexes à l’intérieur ou à l’extérieur des milieux hydriques comme l’aménagement d’un stationnement, l’installation d’une station de lavage des embarcations et l’implantation d’un poste d’accueil et d’un bloc sanitaire.
En matière de gestion des milieux hydriques, ces activités requièrent donc de s’intéresser à minimiser les impacts à la fois sur:
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le plan d’eau, pour la pratique d’activités aquatiques;
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le littoral, les rives, les zones de mobilité et les zones inondables, et les milieux humides qui peuvent les composer, pour la réalisation d’aménagements et l’implantation d’équipements.
Source: Élisabeth Bussières.
Les impacts de l’accès aux plans d’eau et des activités aquatiques
De manière générale, on peut considérer que l’accès aux plans d’eau et les activités aquatiques peuvent générer les impacts suivants sur les milieux hydriques (et humides, s’ils s’y superposent):
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des impacts sur la biodiversité:
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la dégradation d’habitat ou de populations floristiques ou fauniques (p. ex. piétinements, prélèvements non durables, érosion accélérée, matières résiduelles, implantation d’équipements, altération de la structure de la végétation riveraine, etc.);
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l’introduction d’espèces exotiques envahissantes, principalement par les embarcations et la machinerie utilisée pour l’aménagement d’accès;
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le dérangement de la faune (p. ex. diminution du succès reproducteur) ou déclenchement de comportements anormaux (p. ex. se rapprocher des humains);
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la fragmentation de l’habitat aquatique ou riverain par l’implantation de certains aménagements ou infrastructures;
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des impacts sur la qualité de l’eau:
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le relargage de matières résiduelles ou de contaminants par la fréquentation du site et les embarcations;
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l’augmentation des matières en suspension et de l’apport en nutriments (dus à l’érosion accélérée causée par la fréquentation des berges, au brassage à cause des embarcations motorisées, etc.);
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l’augmentation de la température de l’eau due au déboisement riverain;
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des impacts sur l’hydrologie:
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la perte de superficie de milieux hydriques par la construction ou l’implantation de voies de circulation ou d’équipements et l’augmentation du ruissellement associé;
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le compactage et la mise à nue des sols pour l’implantation des sentiers ou des voies de circulation;
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la réduction du lien hydrologique entre différentes zones par l’implantation de certaines infrastructures.
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Ces impacts ne seront pas les mêmes selon:
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l’état du milieu, notamment la capacité portante du plan d’eau, soit le nombre d’embarcations qu’un plan d’eau peut accueillir sans compromettre la sécurité et la qualité de l’environnement (Québec. MAMH, 2024);
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les pratiques, notamment l’utilisation d’embarcations motorisées et leur vitesse de circulation, l’utilisation d’équipement loué ou personnel et leur lavage, et le prélèvement de ressources biologiques;
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les équipements liés à l’accès à l’eau, notamment leur lieu d’implantation, leur taille, leur nombre, leur répartition, leurs matériaux et la gestion du ruissellement, entre autres choses.
Encadrer pour minimiser les impacts
En bref, l’ouverture d’un accès à un plan d’eau n’est pas sans impact: elle ouvre la voie à la transformation et à l’utilisation du plan d’eau. Toutefois, l’absence d’accès au plan d’eau ne signifie pas pour autant que des gens ne tentent pas déjà d’y accéder, et des accès informels non balisés présentent leurs propres risques de dégradation des milieux hydriques (p. ex. piétinement, érosion, etc.).
Encadrer l’accès aux plans d’eau et les activités aquatiques peut donc s’inscrire dans une stratégie de conservation judicieuse des milieux hydriques, à la fois pour en tirer les bénéfices sociaux et économiques qui en découlent et pour favoriser leur utilisation durable.
Références
FONDATION RIVIÈRES (2025). 98% des lacs sont inaccessibles: la Fondation Rivières propose des solutions, Fondation Rivières. [https://fondationrivieres.org/98-des-lacs-sont-inaccessibles-la-fondation-rivieres-propose-des-solutions/] (consulté le 14 novembre 2025).
QUÉBEC. MAMH [MINISTÈRE DES AFFAIRES MUNICIPALES ET DE L’HABITATION] (2024). Document d’accompagnement - Identification des plans d’eau d’intérêt et accès publics, Gouvernement du Québec, ministère des Affaires municipales et de l’Habitation [PDF]. 12 p.
Projet «L’utilisation durable des milieux humides et hydriques sous la loupe de l’aménagement du territoire»
Cette initiative est financée par le Fonds bleu dans le cadre du Plan national de l’eau de la Stratégie québécoise de l'eau, qui déploie des mesures concrètes pour protéger, utiliser et gérer l'eau et les milieux aquatiques de façon responsable, intégrée et durable.
Elle est réalisée avec l’appui du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.

