Un milieu humide ouvert au public en pleine métropole
Cette série présente des études de cas inspirants d’utilisation durable de milieux humides et hydriques en contexte urbain, à l’extérieur du Québec. Voici la deuxième de trois études de cas.
Le London Wetlands Center
Le London Wetlands Center, situé à Barnes (population de 21 200 personnes) en banlieue londonienne, a ouvert ses portes en 2000, offrant une oasis de nature de 60 hectares (150 acres). Près de 200 000 personnes par an viennent découvrir la riche faune et flore de milieu humide qui s'y trouve.
Le WWT London Wetlands Center, à quelques kilomètres du centre de Londres (Royaume-Uni). Source: Vivre en Ville.
L'histoire de ce lieu, qui a la particularité d'être composé de milieux humides créés, aurait pu être toute autre. Le London Wetlands Center se trouve sur le site de quatre anciens réservoirs en béton créés à la fin du 19e siècle, destinés à alimenter la population grandissante de Londres. Lorsque déclarés non conformes aux réglementations de l'Union européenne, ils sont devenus un fardeau financier pour la compagnie des eaux qui en était propriétaire.
Avant d'être transformé, l'actuel site du London Wetlands Center accueillait des réservoirs désuets qui avaient fait partie du système d'approvisionnement en eau de la Ville. Source: WWT, vue dans Edwards, T. (2025).
Dans les années 1980, alors que le terrain était destiné à être développé, Sir Peter Scott, fondateur de l'organisme WWT œuvrant à la restauration et à la conservation des milieux humides au Royaume-Uni depuis 1946, en a obtenu la propriété. Bien que le terrain lui a été donné, WWT avait besoin de 16 millions de livres sterlings de l'époque pour l'aménager et en faire le futur Wetlands Centre. De cette somme, 11 millions de livres sterling ont été obtenues en vendant 10 hectares à un promoteur qui y a réalisé un projet de 280 maisons. Le reste a été obtenu avec des subventions et des dons. Les travaux ont commencé en 1995, et le site a ouvert en 2000.
Autrefois un milieu pauvre en biodiversité, le London Wetlands Center accueille aujourd’hui plus de 2 400 espèces sauvages distinctes, dont certaines sont en déclin à l'échelle du pays. Le centre est devenu un lieu d'importance pour l'observation de certaines espèces d'oiseaux, de mammifères, d'amphibiens et d'insectes. Sa proximité avec la Tamise offre une escale aux oiseaux migrateurs qui l'utilisent pour se guider.
Alors que les milieux humides sont des écosystèmes souvent incompris, le London Wetlands Centre illustre qu'ils peuvent être des projets urbains novateurs, apporter de nombreux bénéfices et être recherchés autant par la population locale que par celle de passage.
Vue sur le London Wetlands Center, un écosystème de milieu humide créé artificiellement, au coeur de la banlieue londonienne. Source: WWT.
En quoi est-ce un exemple d'utilisation durable?
De par sa mission première qui est la préservation d'un écosystème de milieux humides, le London Wetlands Center tend davantage vers la protection. Toutefois, protection et utilisation durable peuvent être compatibles, et le Centre reste une source d'inspiration pour cette dernière, notamment grâce à:
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l'aménagement du lieu, qui permet d'accueillir un grand nombre de visites tout en respectant la capacité de support du milieu;
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sa localisation en milieu urbain offrant un riche support à la biodiversité tout en offrant un accès à une nature de proximité;
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sa double mission de conservation et d'éducation.
Quelles sont les activités menées dans le milieu?
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Marche, ornithologie et activités de sensibilisation.
Quels mécanismes sont mis en place pour assurer que l'utilisation reste durable?
En tant qu'organisme dédié à la restauration et à la conservation des milieux humides, l'équipe de WWT peut compter sur 450 employés, dont des experts de différents domaines (p. ex. faune, flore, gestion de l'eau), permettant ainsi d'assurer un suivi ciblé de l'évolution des différents sites gérés par l'organisme, dont celui de Londres. WWT est d'ailleurs parfois qualifié de «berceau de la conservation moderne».
Références
EDWARDS, Tom (2025). «Celebrating 25 years of London's 'extra lungs'», BBC. [https://www.bbc.com/news/articles/cwyv72eqn5vo] (consulté le 3 novembre 2025).
HARDEN, James (2011). «The London Wetland Centre: An urban conservation project that is making a splash», Earth Common Journal, vol. 1, no 1. [https://doi.org/10.31542/j.ecj.24].
WWT [Wildfowl and Wetlands Trust], (s. d.). «Visit London Wetlands Centre», WWT.org.uk. [https://www.wwt.org.uk/wetland-centres/london] (consulté le 3 novembre 2025).
WWT [Wildfowl and Wetlands Trust], (s. d.). «Our history», WWT.org.uk. [https://www.wwt.org.uk/about-us/our-history] (consulté le 3 novembre 2025).
Projet «L’utilisation durable des milieux humides et hydriques sous la loupe de l’aménagement du territoire»
Cette initiative est financée par le Fonds bleu dans le cadre du Plan national de l’eau de la Stratégie québécoise de l'eau, qui déploie des mesures concrètes pour protéger, utiliser et gérer l'eau et les milieux aquatiques de façon responsable, intégrée et durable.
Elle est réalisée avec l’appui du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs.

VIVRE EN VILLE (2025). Un milieu humide ouvert au public en pleine métropole. Carrefour.vivreenville.org.
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Date de publication 10 novembre 2025Date de mise à jour 10 novembre 2025
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