Catalogue sommaire de la machinerie d'entretien
La complexité du déneigement des rues justifie souvent l'inertie face aux demandes d'amélioration du déneigement ou d'aménagements plus favorables aux modes actifs. La connaissance du processus et de l’équipement offre une meilleure vision pour innover en toute connaissance de cause et pour améliorer les résultats.
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Auteurs Adrien Kazup , Marianne Turcotte-Plamondon , Victor Bouguin
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Date de publication 2 novembre 2026Date de mise à jour 2 novembre 2026
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Thèmes associés
Pourquoi un catalogue de la machinerie?
Pour le personnel municipal œuvrant à l’extérieur des équipes de travaux publics, le portrait des étapes de déneigement et des principaux équipements utilisés offre une vue d’ensemble de l’entretien hivernal qui:
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facilite les échanges entre les différentes divisions municipales;
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favorise les modifications des pratiques d’aménagement comme d’entretien pour mieux répondre aux besoins de mobilité active en hiver.
Ce catalogue offre un panorama qui ne vise pas l'exhaustivité. Les informations présentées sont issues d’une recherche documentaire et de nombreuses entrevues avec des responsables de l’entretien hivernal de municipalités de tailles et de milieux variés.
Ces informations sont divisées en deux sections. La première met en lumière les étapes du déneigement. La seconde donne un aperçu des principaux véhicules et équipements de déneigement employés par les équipes d’entretien tout en précisant le type d’infrastructures et les étapes de l’entretien pour lesquels ils sont employés. À ces deux sections s’ajoutent des pistes d’actions pour entretenir le dialogue entre les équipes municipales impliquées de près ou de loin dans le déneigement.
Tableau des véhicules d’entretien hivernal selon les usages
| Véhicule | Largeur de l'équipement | Aménagement | Étape de l’entretien |
|---|---|---|---|
| Camionnette | 200 cm à 240 cm | ChausséePiste cyclableStationnement | DéblaiementÉpandage |
| Camion de chargement | 215 cm à 260 cm | ChausséeSite d’élimination de la neige | Enlèvement |
| Camion épandeur | 200 cm à 260 cm | ChausséeStationnement | DéblaiementÉpandage |
| Chargeur sur pneus | 150 cm à 180 cm | ChausséePlace publiqueStationnement | DéblaiementEnlèvement |
| Déneigeuse | 215 cm à 260 cm | ChausséeStationnement | DéblaiementÉpandageEnlèvement |
| Déneigeuse à trottoir | 110 cm à 130 cm | Piste cyclablePlace publiqueSentierTrottoir | DéblaiementÉpandageDéglaçageEnlèvement |
| Équipement d’entretien manuel | 55 cm à 80 cm | Mobilier urbainPlace publiqueAutre | DéblaiementÉpandage |
| Niveleuse | 250 cm à 270 cm | ChausséeStationnement | DéblaiementDéglaçageEnlèvement |
| Souffleuse | 150 cm à 180 cm | ChausséePlace publiqueStationnementSite d’élimination de la neigeTrottoir | Enlèvement |
Les largeurs dans le tableau sont les largeurs des véhicules sans accessoires, d'après les fiches techniques de plusieurs fabricants (Benco, CAT, Epoke, Erskine, Kubota, Prinoth, Shaffer, Tenco).
L’entretien hivernal, un service essentiel
L’entretien hivernal pose son lot de défis pour les équipes qui en sont responsables. Les conditions météorologiques sont difficiles à prévoir, le manque de main-d’œuvre ralentit les opérations et certains aménagements complexifient les opérations (pour en savoir plus, consultez l’article Aménager et entretenir en hiver: faire fondre les obstacles et l’ouvrage Villes d’hiver pour personnes aînées, Fiche 03). Un déficit d'entretien des infrastructures de déplacements actifs pénalise toute la population, et en premier lieu les groupes de la population qui dépendent étroitement d'une bonne qualité d'entretien pour répondre à leurs besoins de base et maintenir des liens avec le reste de la communauté.
Les étapes du déneigement
Des infrastructures de déplacements actifs bien entretenues en hiver sont essentielles pour soutenir la mobilité active, en particulier celle des personnes ayant des enjeux de mobilité. Étant donnée la complexité de l’entretien hivernal des infrastructures de déplacements, il est nécessaire d'avoir une vue d’ensemble sur les différentes étapes pour réfléchir à son amélioration.
1. Préparation de la saison
Pour les équipes de travaux publics, la saison du déneigement commence dès la fin de l’été. Sa préparation comporte de nombreuses activités.
La préparation du personnel et l’organisation interne ont aussi lieu avant les premières chutes de neige: les horaires sont planifiés, les emplois saisonniers sont comblés et des formations de mise à jour, notamment sur la sécurité routière, sont données aux cols bleus. Si l'entretien de certaines portions du territoire d’une municipalité est confié à des compagnies privées, les contrats sont préparés et les appels d’offres sont lancés. C’est également le moment de passer les commandes de sable et de sel.
En général, une partie plus ou moins importante de la flotte de véhicules est convertible, ce qui permet d’employer les mêmes véhicules toute l’année moyennant des changements d’accessoires. L'adaptation à la saison hivernale d’un nombre suffisant d’équipements doit prendre fin assez tôt pour permettre à la municipalité d’être opérationnelle en cas de chute de neige hâtive. C’est pourquoi le processus est entamé bien avant la première neige.
On profite de cette période pour réviser et ajuster les circuits. Sur le terrain, les endroits sensibles, comme les avancées de trottoirs ou les fosses, sont balisés afin de garantir leur bonne visibilité lors des opérations de déneigement. Les équipes en profitent également pour sortir avec la machinerie afin de se familiariser avec elle.
Sentier piéton dans un parc donc l’entrée est balisée. | Source: Vivre en Ville.
2. Déblaiement
Le déblaiement de la neige, aussi appelé grattage, est la première étape du déneigement. On dégage la neige des voies en la tassant sur les côtés. Le déblaiement se fait pendant et à la fin des précipitations.
Le nombre de centimètres de neige accumulée au sol requis pour déclencher une opération de déblaiement est précisé dans la politique de déneigement, mais des municipalités n’hésitent pas à débuter leurs interventions en deçà de ce seuil. À l’inverse, lorsque les quantités attendues sont faibles, certaines municipalités sautent l’étape du grattage et passent directement à l’épandage. Dans les secteurs venteux, le déblaiement peut être nécessaire les jours sans précipitations lorsque le vent renvoie la neige sur les voies.
3. Épandage
L’épandage est l’action de répandre au sol des sels de voirie (sous forme solide ou liquide), des abrasifs (p. ex. pierres concassées, sable), ou un mélange des deux pour faire fondre les précipitations au sol et pour augmenter l’adhérence. Cette étape peut se faire en prévision de précipitations, soit quelque temps avant, mais aussi pendant ou après le déblaiement. S’il est fait pendant, les deux fonctions peuvent être assurées par un seul véhicule ou par deux véhicules qui se suivent. Dans tous les cas, on évite de faire plusieurs passages pour limiter la présence de gros véhicules sur les routes.
Des chartes d’épandage guident les équipes quant à la composition des mélanges et des quantités à épandre en fonction des conditions météorologiques actuelles et à venir (températures, type et régime de précipitations). Les types de mélange et les quantités épandues peuvent également varier en fonction du niveau de priorisation des rues et des trottoirs. Par exemple, les trottoirs des rues commerciales reçoivent généralement plus de produit d’épandage que ceux des rues résidentielles secondaires. Le sel peut aussi être privilégié dans les secteurs prioritaires et le sable dans les secteurs secondaires.
La topographie influence les pratiques d’épandage. Par exemple, le sel est privilégié sur les trottoirs pentus, mais il faut tout de même prévoir des abrasifs pour anticiper les plus basses températures. Près des trottoirs en pente ou des escaliers, certaines municipalités laissent des bacs de sels et d'abrasifs à disposition de la population afin d'en ajouter sur ces zones critiques entre les passages des équipes d'entretien.
4. Déglaçage
Le déglaçage consiste à retirer la glace formée sur les surfaces ainsi qu’à dégeler et dégager les puisards et les calvettes pour prévenir les inondations. Certaines municipalités tiennent un inventaire des lieux critiques où l’eau peut s’accumuler pour pouvoir les dégager avant la période de fonte.
L’oscillation des températures au-dessus et en dessous du point de congélation favorise la formation de glace et les précipitations de verglas. En raison des changements climatiques, les périodes propices aux cycles de gel-dégel sont appelées à se multiplier et à se déplacer plus tard à l’automne et plus tôt au printemps (Ouranos, 2026).
Les sels de voirie peuvent aider à prévenir la formation de glace, car ils ont la propriété d’augmenter la température à laquelle la glace fond. Cependant, ils perdent leur utilité lorsque la température atteint -10°C ou -15°C selon les produits utilisés (Organisme de bassin versant de la rivière du Nord, s.d.). Les municipalités doivent donc également disposer d’un éventail de pratiques de déglaçage mécanique pour faire face aux soubresauts imprévisibles du climat.
5. Enlèvement
La phase de ramassage ou d’enlèvement de la neige consiste à retirer cette dernière des rues et des trottoirs afin d’éviter le rétrécissement de la largeur des voies et de diminuer la quantité de neige laissée sur place. L’enlèvement de la neige peut être effectué par ramassage ou par soufflage.
Le ramassage de la neige vise à la déplacer vers des sites d’élimination de la neige. Cette opération mobilise un grand nombre de véhicules dont l’intervention doit suivre un ordre précis. Les sites d’élimination de la neige doivent respecter des normes de localisation et d’aménagement afin que la fonte de la neige contaminée ne s’écoule pas dans les cours d’eau (Québec. MELCCC, 2022). Cependant, de nombreuses municipalités sont aux prises avec des sites d’élimination à pleine capacité.
À l’inverse, le soufflage de la neige est relativement simple: une souffleuse circulant en bordure de la chaussée envoie la neige sur les terrains adjacents. Le soufflage sur les terrains a l’avantage d’être plus rapide, moins onéreux et moins polluant (il suscite moins de déplacements de camions) que le déplacement de la neige vers des sites d’élimination. Malgré ces avantages, la population peut parfois s’y opposer, car le soufflage envoie également les abrasifs sur les terrains. Pour faciliter le nettoyage au printemps, les municipalités peuvent encourager les personnes visées à installer des bâches sur leurs terrains à l’automne.
Dans ces deux formes, puisque l’opération d’enlèvement vise à retirer la neige des bords de rues, ceux-ci doivent être accessibles. La municipalité doit disposer d’un système pour informer la population de l’interdiction de stationner.
6. Clôture de la saison
La fonte complète de la neige n’est pas synonyme de la fin des activités pour les équipes d’entretien.
Les abrasifs doivent être retirés des rues avec des véhicules à balais. Le mélange d’abrasifs, de déchets et de poussière d’asphalte est récupéré et envoyé dans des sites d’enfouissement technique. Bien que les avis semblent actuellement mitigés quant à la réutilisation des abrasifs (coûts opérationnels élevés, diminution de l’efficacité des pierres, etc.), cette pratique attire de plus en plus l’attention des municipalités tout comme des centres de recherches.
Afin de favoriser le drainage adéquat de l’eau durant l’hiver, le sable qui peut être épandu en cette saison et les feuilles d’arbres qui bouchent les puisards, ainsi que les grilles pluviales sont retirés.
Les véhicules réutilisés l’été doivent être réadaptés pour leurs activités estivales. C’est aussi le moment de faire l’entretien de la machinerie qui ne sert pas l’été afin qu’il n’y ait qu’une révision à faire au début de l’hiver prochain.
Le rapport d’évaluation de la saison fait le bilan afin d’améliorer l’ensemble de l’entretien à la saison suivante. Il comptabilise le nombre de jours durant lesquels la politique de déneigement n’a pas pu être respectée. Il détermine les ajustements nécessaires à porter aux devis des contrats privés et analyse les problèmes rencontrés durant la saison en vue de formuler des propositions de solutions à coût acceptable.
Les principaux équipements et machineries de déneigement
Les opérations de déneigement s’appuient sur différents véhicules et leurs accessoires. Ils sont plus ou moins spécialisés et comportent leur lot d’avantages et de contraintes selon les conditions météorologiques ainsi que les aménagements.
Avant de réfléchir à l’amélioration des aménagements et des pratiques d’entretien pour mieux répondre aux besoins de la population, il est important de connaître les catégories de véhicules et d'équipements employés ainsi que leurs principales fonctions, leurs lieux d’utilisation et leurs distinctions. Le choix d'une machine adaptée rend les opérations plus efficaces et offre un meilleur niveau de service, ce qui permet à la population de retrouver un réseau de mobilité accessible plus rapidement et de meilleure qualité. Les infrastructures de déplacements actifs adéquatement entretenues bénéficient non seulement aux personnes ayant le plus de limitations à la mobilité, mais à l’ensemble de la population.
Machinerie d'entretien
Camionnette
Autres appellations
PickupCamionCamionnette de service
Largeur du véhicule et de ses accessoires
Véhicule : 200 cm à 240 cm
Saleuse : 120 cm à 130 cmLame à neige biaise : 165 cm à 300 cmLame à neige étrave : 165 cm à 320 cm
Aménagement
ChausséePiste cyclableStationnement
Étape de l’entretien
DéblaiementÉpandage
Les camionnettes peuvent être configurées pour faire du déblaiement et de l’épandage en utilisant une lame avant et un épandeur dans le caisson de chargement. Les aires de stationnement et les pistes cyclables peuvent être entretenues grâce à cette configuration du véhicule. Certaines municipalités évitent toutefois de déneiger la chaussée avec ces camions, car le poids et les mouvements de la lame avant ont tendance à réduire la durée de vie de la carrosserie. Les camionnettes sont alors utilisées uniquement en dernier recours pour déblayer ou pour l’épandage.
Pickup avec lame et boîte d’épandage en opération de déblaiement et d’épandage sur une piste cyclable protégée. | Source: Vivre en Ville.
Camion de chargement
Autres appellations
Camion à benne
Largeur du véhicule
Véhicule : 215 cm à 260 cm
Aménagement
ChausséeSite d'élimination de la neige
Étape de l’entretien
Enlèvement
Les camions de chargement sont utilisés à l’étape de l’enlèvement de la neige. La souffleuse projette la neige dans la benne des camions, lesquels se rendent ensuite au site d’élimination de la neige pour la décharger. Plusieurs municipalités louent ces véhicules, car elles n’en possèdent pas en nombre suffisant pour mener cette opération dans les délais prescrits.
À gauche: Convoi de camions de chargement de la neige lors d’une opération d’enlèvement. | Source: Vivre en Ville. À droite: Souffleuse remplissant un camion de chargement lors d’une opération d’enlèvement de la neige. | Source: Vivre en Ville.
Camion épandeur
Autres appellations
ÉpandeuseSableuse/SableurSaleuse
Largeur du véhicule et de ses accessoires
Véhicule : 215 cm à 260 cm
Épandeur : 215 cmChasse-neige à couteaux basculants : 275 cm à 335 cmSens unique : 280 cm à 310 cm
Aménagement
ChausséeStationnement
Étape de l’entretien
DéblaiementÉpandage
Les camions épandeurs sont des véhicules avec un système d’épandage. Ces véhicules peuvent être uniquement dédiés à l’épandage ou munis d’une lame centrale ou interessieux, ce qui permet de tasser la neige immédiatement avant d'épandre.
À gauche: Camion épandeur répandant du sel de voirie solide. | Source: Vivre en Ville. À droite: Camion épandeur muni d’une lame. | Source: Vivre en Ville.
Chargeur sur pneus
Autres appellations
Tracteur chargeurLoader
Largeur du véhicule et de ses accessoires
Véhicule : 150 cm à 180 cm
Lame à oreilles amovibles : 30,5 cm à 850 cmGodet : 215 cm à 280 cmChasse-neige : 240 cmLame à neige biaise : 240 cm à 300 cm
Aménagement
ChausséePlace publiqueStationnement
Étape de l’entretien
DéblaiementEnlèvement
Le chargeur sur pneus est un véhicule apprécié pour le déblaiement des voies plus étroites et sinueuses qui nécessitent un découpage plus précis. Muni d’une gratte avant et souvent d’une aile de côté, il peut zigzaguer facilement, d’autant plus que la visibilité à bord du véhicule est assez bonne. Cependant, ce véhicule ne peut pas faire d’épandage, le passage d’un camion épandeur est donc nécessaire. Les chargeurs peuvent également être utilisés en renfort si les déneigeuses ont de la difficulté à fournir lors de précipitations importantes. Une souffleuse peut également être fixée à l’avant d’un chargeur lui permettant de dégager la neige à l’extérieur de la rue.
À gauche : Chargeur sur pneus muni d’une lame avant en cours de déblaiement durant des précipitations. | Source: Vivre en Ville. À droite : Chargeur sur pneus équipé d’une lame à oreilles hydrauliques. | Source: Vivre en Ville.
À gauche : Chargeur sur pneus muni d’une lame. | Source: Vivre en Ville. À droite : Chargeur sur pneus avec souffleuse à l’arrière. | Source: Vivre en Ville.
Déneigeuse
Autres appellations
Camion à neigeGratteCharrue
Largeur du véhicule et de ses accessoires
Véhicule : 200 cm à 260 cm
Épandeur : 215 cm à 225 cmLame ventrale : 215 cm à 300 cmGratte arrière : 255 cmChasse-neige à couteaux basculants : 275 cm à 355 cmSens unique : 280 cm à 300 cm
Aménagement
ChausséeStationnement
Étape de l’entretien
DéblaiementÉpandageEnlèvement
La déneigeuse est un camion de six, dix ou douze roues (s'il est utilisé sur les autoroutes) auquel sont ajoutés différents accessoires de déneigement. Plusieurs configurations sont possibles, mais on trouve généralement une lame avant centrale, une lame en angle (nommée sens-unique) pour projeter la neige sur le côté, une aile de côté, une lame ventrale (sous le milieu du camion) ou une boîte d’épandage. En effet, la déneigeuse peut déblayer et épandre en même temps, ce qui évite le besoin du passage d’un camion épandeur.
Si la déneigeuse doit entretenir des chemins de rang, un peigne arrière peut être ajouté. Cet accessoire permet de creuser des sillons dans la neige et la glace afin de favoriser le maintien du sable épandu. Une autre pratique spécifique aux milieux ruraux est la coupe des bancs de neige. Au fur et à mesure de l’hiver, les bancs de neige, qui se forment sur les côtés de la route après le passage de la déneigeuse, grandissent en hauteur et en largeur. La voie se rétrécit et le tassage de nouvelle neige devient plus difficile. Les déneigeuses doivent alors rouler plus rapidement pour accumuler la puissance nécessaire pour projeter la neige assez fort et assez loin. Cependant, pour éviter le recours à des vitesses excessives, la déneigeuse peut, entre deux précipitations, couper les bancs de neige en deux grâce à la lame de côté. Celle-ci est placée à la mi-hauteur du banc de neige et la neige est propulsée plus loin au passage du camion. Ainsi, le banc de neige perd de la hauteur, ce qui facilite le tassage de la prochaine neige.
À gauche: Déneigeuse équipée d’un sens unique (à l’avant), d’une lame de côté ainsi que d’un système d’épandage. | Source: Vivre en Ville. À droite: Déneigeuse munie d’un sens unique (à l’avant), d’une lame de côté, d’un peigne arrière ainsi que d’un système d’épandage. | Source: Vivre en Ville.
Déneigeuse à trottoir
Autres appellations
Chenillette à trottoir (véhicule sur chenilles)Tracteur à trottoir (véhicule sur pneus)
Largeur du véhicule et de ses accessoires
Véhicule : 110 cm à 130 cm
Lame avant : 100 cm à 210 cmChasse-neige : 135 cm à 245 cm
Aménagement
Piste cyclablePlace publiqueSentierTrottoir
Étape de l’entretien
DéblaiementÉpandageDéglaçageEnlèvement
Les deux types de véhicules généralement employés pour entretenir les trottoirs, les sentiers et les places publiques sont les chenillettes et les tracteurs. En raison de leur petite taille et de la possibilité de changer les accessoires rapidement, ces véhicules couvrent plusieurs types d’aménagement et sont utiles à toutes les étapes du déneigement. Dans certains cas, ce sont les conditions qui dictent si les trottoirs seront déblayés ou soufflés.
Ces véhicules ont cependant l’inconvénient de grandement secouer les personnes qui les conduisent. À la longue, l’exposition aux vibrations importantes des véhicules peut causer des problèmes de santé. Certaines municipalités s’assurent d’installer les modèles de siège les plus haut de gamme afin de garantir un meilleur confort.
Dotées de chenilles, les chenillettes peuvent être munies de différents accessoires de déblaiement (lame avant, chasse-neige en V, souffleuse, croque-glace, etc.). Les chenillettes se manœuvrent facilement, elles peuvent bien dégager des abaissements de trottoirs (tous les côtés). Certaines personnes les trouvent moins efficaces lorsque les surfaces sont recouvertes de beaucoup de glace.
De leur côté, les petits tracteurs sont pratiques pour déneiger des tronçons nécessitant du découpage en précision comme les rues principales et commerciales où l’on retrouve beaucoup de mobilier urbain. Certains modèles sont plutôt légers ce qui rend les manœuvres plus difficiles. La bonne visibilité à l’intérieur du véhicule est toutefois un avantage.
Les chenillettes comme les petits tracteurs peuvent entretenir les pistes cyclables. Cependant, certains modèles ne sont pas assez forts pour pousser la neige sur toute la longueur d’une piste protégée. Des ouvertures dans la bande de béton séparant la piste de la rue peuvent répondre à ce problème en permettant aux véhicules de pousser la neige à l’extérieur. Par contre, elles peuvent permettre aux automobilistes de se stationner sur la piste cyclable. Afin de contourner ces problèmes, les pistes de mi-hauteur sont une solution à envisager, car la neige est poussée directement dans la rue.
Lorsque les trottoirs sont en mauvais état, qu’ils soient déneigés par une chenillette ou un tracteur, le résultat ne peut pas être optimal pour les déplacements à pied. Les fissures, les trous, les entrées charretières et les dalles désaxées à la verticale ne permettent pas à la machinerie de dégager adéquatement les surfaces.
Ces deux types de véhicules peuvent faire l’épandage simultanément au déblaiement, car ils peuvent tirer une remorque épandeuse tout en ayant une lame avant. Des sacoches peuvent aussi être ajoutées à l’arrière de ces véhicules. Bien que leur capacité de chargement soit moins importante qu’une remorque, les sacoches offrent une meilleure agilité au véhicule, puisque le compartiment est plus petit et collé au dos du véhicule. Ce dernier est donc plus à même de circuler dans des secteurs plus étroits ou ayant plusieurs obstacles comme les places publiques ayant du mobilier urbain.
Ces véhicules sont également mobilisés dans le cadre des opérations d'enlèvement de la neige. Ils créent des bancs de neige au bon endroit dans la rue afin que la souffleuse puisse aisément la projeter dans les camions de chargement.
À gauche et à droite : Chenillette avec lame. | Source: Vivre en Ville.
À gauche : Chenillette avec lame (avant) et sacoche (arrière). | Source: Vivre en Ville. À droite : Tracteur à trottoir avec lame. | Source: Vivre en Ville.
À gauche : Tracteur à trottoir avec lame à oreilles hydrauliques à l’avant et souffleuse arrière. | Source: Vivre en Ville. À droite : Tracteur à trottoir avec lame de largeur adaptée pour trottoirs étroits. | Source: Vivre en Ville.
À gauche : Tracteur à trottoir avec lame (avant) et remorque épandeuse. | Source: Vivre en Ville. À droite : Petit modèle de véhicule pour le déneigement de places publiques. | Source: Vivre en Ville.
Équipement d'entretien manuel
Autres appellations
PelleSouffleuse
Largeur de l'équipement
Pelle à neige : 25 cm à 90 cmSouffleuse à main : 55 cm à 80 cm
Aménagement
AbribusEntrée de bâtimentEscalierMobilier urbainPlaces publiquesTrottoirs à la largeur réduite par du mobilier (poteaux électriques, escaliers, etc.)
Étape de l’entretien
DéblaiementÉpandage
L’équipement utilisé pour assurer manuellement le déblaiement est composé de pelles, électriques ou non, et des souffleuses électriques, à batterie ou à essence. Le déblaiement manuel est nécessaire pour dégager les endroits qui demandent beaucoup de découpage et qui sont inaccessibles pour les véhicules, comme:
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les entrées d’immeuble;
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le mobilier urbain (p. ex. l'accès et le dessus des bancs, les contours des boutons d'appel pour feu piéton);
- les bornes-fontaines (dégagées par un chargeur sur pneus ou une souffleuse et pouvant être terminées à la pelle);
- les trottoirs (quand leur largeur est réduite par la présence de poteaux électriques et d’escaliers);
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les escaliers.
La plupart du temps, des équipes dédiées parcourent les différents lieux nécessitant ce type d’entretien. Une personne peut même être uniquement assignée à l’entretien des bancs.
Un épandage manuel peut également être fait aux endroits inaccessibles comme les entrées d’immeuble. Des bacs sont parfois disposés près des portes afin de stocker des abrasifs et du sel et les rendre accessibles. Ils peuvent également être installés à certains endroits qui nécessitent un entretien plus régulier comme des pentes abruptes et des escaliers. Ainsi, si des personnes jugent que la surface est trop glissante, elles peuvent épandre un peu de sel ou de gravier sans avoir à attendre le passage des équipes d’entretien.
Souffleuse à neige sur roues. | Source: Vivre en Ville
Niveleuse
Autres appellations
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Largeur du véhicule et de ses accessoires
Véhicule : 250 cm à 270 cm
Lame ventrale : 370 cm à 730 cm
Aménagement
ChausséeStationnement
Étape de l’entretien
DéblaiementDéglaçageEnlèvement
L’importance du recours aux niveleuses lors du déblaiement varie selon les municipalités. Certaines préfèrent les niveleuses aux chargeurs, mais de manière générale, elles sont principalement utilisées en appui aux déneigeuses dans les cas où des retards seraient survenus. Les niveleuses ne peuvent pas faire d’épandage, mais elles peuvent être utilisées pour certains secteurs qui sont plus difficiles à entretenir par les autres véhicules. Avec leur lame et leurs six roues motrices, elles sont aussi utiles pour déblayer et déglacer les pentes abruptes par exemple. Au besoin, la lame peut être remplacée par un peigne.
Les niveleuses sont mobilisées lors des opérations d’enlèvement de la neige afin de la disposer au bon endroit dans la rue, permettant à la souffleuse de lancer la neige dans les camions de chargement.
À gauche et à droite : Niveleuse avec lame centrale préparant la neige lors d’une opération de chargement. | Source: Vivre en Ville.
Souffleuse
Autres appellations
Souffleur
Largeur du véhicule et de ses accessoires
Véhicule : 150 cm à 180 cm
Souffleur : 120 cm à 230 cm
Aménagement
ChausséePlace publiqueStationnementSite d'élimination de neigeTrottoir
Étape de l’entretien
Enlèvement
On appelle souffleuses autant des véhicules munis d’un accessoire amovible que des véhicules uniquement dédiés au soufflage. Les municipalités y ont recours pour l’enlèvement de la neige. Les souffleuses sont employées pour envoyer la neige sur les terrains adjacents à la chaussée afin d’élargir la rue. Elles permettent aussi de charger la neige dans la benne des camions de chargement. À cette étape, dans les rues résidentielles où la vitesse de circulation autorisée est en dessous de 50 km/h, le Code de la sécurité routière exige la présence d’un surveillant à pied (Québec. LégisQuébec, 2026) afin d’assurer la sécurité des personnes aux alentours.
Certaines municipalités envoient des souffleuses nettoyer les trottoirs au niveau des entrées résidentielles lorsque les entreprises privées de déneigement passent après le déneigement des trottoirs et les remplissent à nouveau. Entamer un dialogue avec la compagnie de déneigement est aussi à envisager pour remédier à cette situation.
Des souffleuses peuvent également être utilisées dans les lieux d’élimination de la neige pour créer d’imposants bancs de neige et ainsi dégager de l’espace.
À gauche : Chargeur sur pneus équipé d’une souffleuse. | Source: Vivre en Ville. À droite : Tracteur à trottoir avec souffleuse amovible à l’arrière. | Source: Vivre en Ville.
Souffleuse en cours de chargement d’un camion accompagnée d’un ouvreur de rue. | Source: Vivre en Ville.
Prochaine étape : se parler
Prochaine étape: se parler
Le bon déroulement de l’entretien des infrastructures de déplacements actifs ne dépend pas uniquement des équipes de travaux publics. Les services municipaux agissant sur l’aménagement tels que le service d’aménagement et d’urbanisme, la gestion des parcs et l’aménagement paysager, ou encore les services de génie ont également un rôle à jouer. Certains aménagements répondent aux besoins des populations avec des limitations de mobilité s'ils sont adéquatement entretenus l’hiver. Pour y parvenir, leur conception nécessite un dialogue entre les différentes équipes.
Pour entreprendre ce dialogue, la connaissance des étapes générales, des principaux équipements d’entretien hivernal des infrastructures et des contraintes et défis vécus par les équipes d’entretien (pour en apprendre plus, consultez l’ouvrage Villes d’hiver pour personnes aînées) est une première étape. Elle permet d’adopter une compréhension, une vision et un langage communs dans la perspective d’améliorer la collaboration autour d'un meilleur entretien des infrastructures de déplacements actifs. Ainsi, lors de la conception d’aménagements, plusieurs pratiques peuvent être mises en place afin de développer des liens entre les services et de mieux répondre aux besoins en matière de déplacements actifs. En fin de compte, on souhaite agir sur la largeur déneigée des trottoirs, leur continuité, l’aménagement et l’entretien des pistes cyclables ainsi que la sécurisation des intersections, autant par l’aménagement que par le maintien de la visibilité et de la lisibilité toute l’année.
Aller à la rencontre des Travaux publics
Prendre le temps d’aller à la rencontre des équipes d’entretien terrain et des gestionnaires peut être bénéfique pour tout le monde. Ces rencontres permettent:
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de faire connaître les besoins de la population et l’importance des infrastructures de déplacements actifs;
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de présenter les nouvelles contraintes entraînées par l’aménagement pour prévoir des solutions à l’avance, par exemple:
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d’ajuster les nouveaux appels d’offre d’acquisition de machinerie et d’accessoires pour que les dimensions et les fonctions soient adaptées;
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d’ajuster les circuits et les durées attendues afin de prévoir le temps pour effectuer les manœuvres associées à l’entretien de certains aménagements;
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de présenter des avantages inattendus pour les équipes d’entretien, par exemple:
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les bollards installés sur des bandes de bétons sont moins à risque de bris. Ainsi, il n’est pas nécessaire de les retirer à l’automne et de les réinstaller au printemps, ce qui enlève une charge aux équipes;
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la réduction de la largeur d’une voie de circulation au profit des trottoirs rend ces derniers plus faciles à déneiger, etc.;
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d’écouter les préoccupations des équipes d’entretien et de trouver des solutions en amont.
Bollard arraché. | Source: Vivre en Ville.
Faire commenter les plans
Il est recommandé d’offrir la possibilité aux gestionnaires des équipes d’entretien, mais également aux personnes occupant des postes de terrain, comme les contremaîtres, de commenter les plans de conceptions d’aménagement. S’il n’est pas possible de prendre en compte leurs suggestions, il est primordial de leur faire un retour justifiant les décisions.
Planifier des largeurs adéquates de rue et d'équipement
Les largeurs de rues sont souvent un sujet de discorde. D’un côté, la présence de trottoirs larges et de pistes cyclables encourage et sécurise les déplacements actifs, tandis que de l’autre, des rues plus étroites peuvent ralentir les opérations de déneigement. S’informer sur les largeurs et les rayons de braquage réellement nécessaires pour opérer la machinerie que possède la municipalité, plutôt que de se limiter aux largeurs confortables, est une information utile pour développer des concepts d’aménagements qui, une fois construits, sont pérennes et dont l’entretien est réaliste. L’atteinte de cet objectif peut également passer par les appels d’offres pour l’achat de nouvelle machinerie et accessoires. La demande en équipement dont les dimensions respectent les largeurs des aménagements peut entraîner l’industrie à proposer des produits plus appropriés.
Des trottoirs larges et libres d’obstacles se déneigent bien. Il est judicieux, à la fois pour les équipes d’entretien et pour la population, de planifier une surlargeur où la neige poussée peut être laissée en attendant son retrait lors des opérations d’enlèvement, et ce, sans réduire la largeur du trottoir pour pouvoir circuler confortablement. La même logique s’applique aux pistes cyclables protégées.
Trottoir rectiligne déblayé. | Source: Vivre en Ville.
Bibliographie
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Projet « Des villes d’hiver pour les aîné·es : outiller les municipalités en matière d’aménagement et d’entretien hivernal du réseau piétonnier »
Cet article a été réalisé avec la participation financière du gouvernement du Québec dans le cadre du programme Québec ami des aînés (QADA).