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Quoi attendre du prochain gouvernement fédéral ?

Le 20 septembre prochain, nous aurons un nouveau gouvernement fédéral. Quel devrait être son rôle en soutien aux collectivités?

En cette période pandémique qui s’étire, le fédéral aura d’abord pour mandat de pallier les effets négatifs de la crise sanitaire, qui a mis à mal certains piliers de nos collectivités, révélé et aggravé des vulnérabilités. Le futur gouvernement devra aussi bâtir les assises d’une indispensable transition écologique. Sa capacité d’investissement doit ainsi servir de levier pour faciliter une future sortie de crise, en plus de prévenir d’importants dégâts économiques et sociaux.

L’engagement fédéral devrait porter, en priorité, sur trois assises des collectivités qui ont été mises à mal par la pandémie: des centres-villes prospères, un transport collectif performant et des logements abordables.

Parce qu’ils concentrent à la fois les emplois et l’activité culturelle et sociale, les centres-villes ont particulièrement souffert depuis 18 mois. Leurs commerces ont été fermés plusieurs fois, les travailleurs ont dû renoncer à s’y rendre, les touristes ont été interdits d’accès.

Or, les centres-villes sont le creuset du développement économique, mais aussi un ancrage identitaire crucial à préserver. Les centres-villes sont aussi une clé de notre transition écologique. Leur accessibilité et leur compacité leur confèrent une empreinte carbone légère, à laquelle aucun autre pôle d’activités ne peut prétendre.

Soutenir les centres-villes et les rues principales, par un programme permanent, est donc une mesure primordiale, à laquelle le fédéral doit contribuer.

Avant la crise sanitaire, le transport collectif était, au Québec, sur une bonne lancée, alors qu’on observait des records d’achalandage. La pandémie a porté un dur coup aux sociétés de transport en commun en réduisant leurs revenus. Pourtant, et heureusement, presque partout, il a été décidé jusqu'à présent de maintenir la qualité de la desserte, notamment pour assurer les déplacements des travailleurs essentiels.

Le retour à la normale risque malheureusement de se faire attendre au moins aussi longtemps que s’étire la pandémie. Le gouvernement fédéral doit maintenir son soutien financier d'urgence aux sociétés de transport, tant que ce sera nécessaire, pour leur permettre de reprendre le momentum. Sur un plus long terme, il est nécessaire d’augmenter la part des investissements fédéraux dans le montage financier des projets de transport collectif, afin de diminuer la pression sur les autres paliers de gouvernement.

La pandémie a révélé et aggravé la crise du logement. Au Québec, plus d’un ménage sur cinq vit dans un logement trop cher pour son budget, et c’est le cas du tiers des locataires. Outre les enjeux de pauvreté et d’inégalités, le manque de logements abordables est en bonne partie lié à une offre trop faible par rapport à la demande.

Une partie de la réponse se trouve entre les mains des villes. Toutefois, le gouvernement fédéral peut faire la différence, notamment en augmentant ses contributions à la construction de logement social, ce qui est une excellente façon d’augmenter l’offre, au bénéfice des plus démunis. Le fédéral reprendra ainsi le leadership qu’il a déjà exercé dans ce domaine.

En même temps qu’il aide à panser les plaies de la crise sanitaire, le prochain gouvernement devra presser le pas dans la lutte contre les changements climatiques puisque, comme s’évertuent à nous le rappeler de nombreux médecins, la pandémie n’a pas effacé la crise climatique.

Trop longtemps, les milieux naturels aux abords de nos villes et de nos villages sont passés sous le bulldozer d’un étalement urbain galopant. Le gouvernement fédéral peut aider les villes à réparer les erreurs du passé, notamment en acquérant des milieux sensibles aux fins de protection de la biodiversité ou contre les catastrophes naturelles.

Dans l’adaptation de nos collectivités aux effets des changements climatiques, les infrastructures naturelles joueront un rôle de premier plan, aussi bien pour nous protéger des inondations et de l’érosion que pour atténuer les vagues de chaleur. Il est grand temps de reconnaître leur efficacité et de les considérer comme des actifs à part entière.

Enfin, pour impulser la transition énergétique, le «prix sur le carbone» est une des mesures les plus efficaces, à condition qu’il soit assez élevé. Dans les provinces où un tel mécanisme est absent, le gouvernement fédéral a la responsabilité de consolider un système de tarification du carbone rigoureux et cohérent avec la réduction nécessaire des émissions de gaz à effet de serre.

Chaque budget, chaque décision comptent, à chaque palier de gouvernement. Le prochain gouvernement fédéral devra être à la hauteur pour nous aider à nous relever de la pandémie et à mettre en place la transition écologique.

  • Auteur Christian Savard
  • Date de publication 8 septembre 2021

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