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Mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade

Le printemps pointe son nez, on a hâte aux terrasses, et je viens vous parler de changements climatiques: je suis désolée, vraiment. Mais je vous promets, à la fin de cette chronique, une invitation que vous ne pourrez pas refuser! Accrochez-vous jusque-là. :-)

Nous avons récemment changé de cap en matière de changements climatiques. On n’en est plus à se demander si c’est réel ou si c’est vraiment grave: on a (enfin) commencé à planifier l’adaptation de nos collectivités. Ce virage se voit dans le budget de l’action climatique: on prévoit de consacrer plus d’argent aux mesures d’adaptation. Il s’observe aussi dans les Plans climat régionaux, en cours d’élaboration, qui intègrent les deux volets de la lutte contre les changements climatiques: atténuation et adaptation. 

Bien sûr, nous n’avons pas encore pleinement intégré tous les changements à faire, mais on a commencé à prendre la mesure des transformations nécessaires, des budgets à y consacrer et du coût de l’inaction. Prenons ça comme une bonne nouvelle!

Plus on est riche, plus on a à perdre avec les changements climatiques. (C’est peut-être pour ça que c’est devenu populaire de s’y adapter.) Réparer les dégâts des événements météorologiques violents coûte de plus en plus cher et c’est devenu une préoccupation majeure des compagnies d’assurance. En adaptant nos collectivités aux changements climatiques, nous protégeons la biodiversiténotre santé, mais aussi, bien sûr, nos biens matériels. 

Mais moins on est riche, plus la crise climatique nous met en danger. Les changements climatiques aggravent les inégalités, notamment en matière de santé. Quand on n’a pas de chalet ni de piscine privée et qu’on habite dans un logement mal isolé, on peut vivre plus difficilement les vagues de chaleur. Les inondations majeures qui ont frappé le Québec, que ce soit à Gatineau ou en Beauce, ont touché tout le monde, mais les plus pauvres s’en sont moins bien remis, ayant même parfois dû quitter leur milieu de vie. Avoir moins d’argent et des conditions de vie plus difficiles complique autant la préparation aux aléas climatiques que le rétablissement après un sinistre. 

Bref, face aux changements climatiques, il vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade. Faire en sorte que nos milieux de vie nous protègent mieux face au climat, c’est donc aussi un devoir d’équité. 

Et voici l’invitation que vous ne pourrez pas refuser! 

Le 18 juin prochain, Vivre en Ville tiendra son 10e Rendez-vous Collectivités viables sur le thème S’adapter: pour des collectivités résilientes. Si vous souffrez d’écoanxiété, c’est une excellente occasion d’accroître votre sentiment de compétence grâce aux réalisations concrètes qui seront présentées. Et si vous avez des collègues ou des gestionnaires à convaincre, emmenez-les avec vous, on vous garantit que le goût d’agir croît avec l’usage du Rendez-vous Collectivités viables. :-)

Cette chronique est mon cadeau de départ de Vivre en Ville, dont j’ai quitté la direction il y a peu. Je voudrais la clore sur deux idées. La première: agir sur les milieux de vie est incontournable pour une société plus prospère et plus juste, mais c’est surtout un projet magnifique. Merci de prendre part à ce projet, à votre façon, où que vous soyez. 

La deuxième: en matière de changements climatiques, comme l’a si bien dit le climatologue italien Filippo Giorgi, notre responsabilité est de travailler simultanément à «gérer l’inévitable et éviter l’ingérable». Le 18 juin prochain, on parlera de gérer l’inévitable, en adaptant nos collectivités. Mais n’oublions jamais que si nous ne réduisons pas rapidement notre bilan carbone, nous ne pourrons pas éviter l’ingérable. Et, là aussi, ce sont les plus vulnérables qui en paieront le prix le plus fort. 

On se voit le 18 juin? 

Merci, et à bientôt!

Jeanne 

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