Élections municipales: une vague qui se maintient
Alors que certains commentateurs appréhendaient (ou souhaitaient?) un ressac contre l’action climatique, la mobilité durable et les préoccupations sociales, la soirée électorale s’est plutôt conclue sur une confirmation que la vague verte municipale se maintient.
L’élection référendaire de Marchand sur le tramway, les victoires éclatantes de Boyer et Fournier et, encore davantage, la confirmation de Maude Marquis-Bissonnette à Gatineau sont autant de témoins de la force d’attraction d’une offre politique ambitieuse, déterminée à tout mettre en œuvre face aux crises climatique, des infrastructures et de l’habitation. Même à Montréal, Soraya Martinez Ferrada n’a pas promis de revenir 10 ou 20 ans en arrière, comme le faisaient miroiter Sam Hamad à Québec ou Mario Aubé à Gatineau.
Bref, dans la plupart des grandes villes du Québec, c’est une option d’avant-garde en matière de développement urbain qui s’est imposée. Le développement du transport en commun, la lutte contre l’étalement, le verdissement des quartiers, l’accès au logement, la vitalité des rues principales, tous ces sujets qui parlent autant de qualité de vie que de responsabilité sociale et environnementale étaient au cœur de nombreuses plateformes municipales. Et on observe la même chose dans de nombreuses petites municipalités.
Dans plusieurs villes, cependant, il existait des alternatives réfractaires au transport en commun, hostiles à l’apaisement de la circulation, davantage partisanes d’un développement immobilier débridé que de protection des milieux naturels et agricoles.
Les électrices et les électeurs avaient le choix, et leur réponse est claire: on garde le cap sur la protection de l’environnement et la transformation responsable des milieux de vie.
Ce résultat n’est pas une très grosse surprise (mais, avouons-le, un certain soulagement!). Un sondage Léger a montré il y a quelques semaines que 81% des Québécoises et des Québécois jugent important ou très important que leur municipalité agisse contre les changements climatiques. Cela aurait été étonnant de ne pas retrouver ce résultat dans les urnes.
Encore une fois, après le signal lancé, lors de l’élection partielle dans Arthabaska-L’Érable, avec la défaite d’Éric Duhaime dont la campagne était largement basée sur l’attaque du marché du carbone – un des piliers de notre politique climatique –, l’électorat québécois lance un message impossible à ignorer: au Québec, on ne gagne pas d’élection en tournant le dos à la responsabilité environnementale.
Évidemment, il serait faux de prétendre que l’environnement était la question de l’urne. Disons plutôt que c’était le ticket d’entrée pour se qualifier comme une candidature acceptable, et non pas le repoussoir que d’autres candidatures espéraient y voir. Celles et ceux qui ont remporté leurs élections ont aussi démontré leur engagement pour l’abordabilité de l’habitation – au premier rang des priorités exprimées par la population – et leur détermination à prendre soin des plus vulnérables, renforcer les services de proximité et assurer une bonne gestion municipale, au service de la qualité de vie. Dans beaucoup de municipalités, un des défis du prochain mandat sera de construire et de mettre à niveau les infrastructures – eau, transport en commun, etc. – indispensables pour soutenir la nécessaire augmentation de l’offre d’habitation, au sein des milieux déjà urbanisés.
Engagé depuis plus de 20 ans pour des transformations du territoire et de nos milieux de vie qui soutiennent l’épanouissement de tous et toutes dans le respect de la capacité des écosystèmes, je ne peux que me réjouir d’un résultat électoral qui montre que cette aspiration est largement partagée, un peu partout au Québec.
Cette étape était le dernier rendez-vous électoral majeur avant les élections québécoises d’octobre 2026. La poursuite de la vague verte municipale est un facteur majeur à considérer pour tous les partis politiques nationaux. Souhaitons que tous les partis en prennent acte dans leur plate-forme et leur approche. D’autant plus que traverser les crises que nous vivons exigera une coopération renforcée entre les paliers de gouvernement.
En attendant, bravo à tous les candidates et candidats et bon début de travail à toutes les nouvelles équipes municipales.
SAVARD, Christian (2025). Élections municipales: une vague qui se maintient, Vivre en Ville. Carrefour.vivreenville.org.
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Auteur Christian Savard
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Date de publication 10 novembre 2025Date de mise à jour 11 novembre 2025
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