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Devant l’incertitude climatique, renforçons nos solidarités locales

Un des plus grands défis contemporains auxquels les collectivités du Québec font face est sans conteste la crise climatique, et l’ensemble des conséquences qu’elle engendre. En plus de devoir se protéger contre les aléas (pensons à la saison des feux de forêt qui est à nos portes par exemple), les municipalités sont confrontées à plusieurs enjeux de taille: financement des mesures d’adaptation, entretien et renforcement des infrastructures municipales, gestion du changement, pour n’en nommer que quelques-uns.

Dans ce contexte, il est crucial d’anticiper et de modéliser les risques afin de mettre en place les mesures de protection nécessaires. Penser aux aléas en termes de problèmes et de solutions est rassurant, et somme toute franchement nécessaire! Toutefois, je nous invite à prendre un pas de recul et à réfléchir à l’adaptation de nos collectivités de façon plus globale, plus systémique. 

La crise climatique, ou la crise des crises

Les effets de la crise climatique vont bien au-delà des événements extrêmes et se font sentir sur l’ensemble de nos écosystèmes naturels et sociaux. Devant ce constat, une réflexion s’impose: peut-on réellement anticiper, à l’échelle locale, l’ensemble des interactions complexes entre le climat, la biodiversité, l’agriculture et les ressources naturelles? Plus encore, peut-on envisager leurs effets sur le vivre-ensemble, les mouvements politiques, voire les relations géopolitiques?

Lorsqu’on appréhende les changements climatiques de façon systémique, il devient rapidement évident que notre capacité collective à anticiper et à nous protéger contre l’ensemble des risques qu’ils engendrent est limitée. Devant une telle incertitude, nous sommes forcés de reconnaître que nous ne pouvons pas nous préparer à toute éventualité. Bien que l’inconnu soit inconfortable, il nous force à réfléchir différemment et à redessiner les contours de notre zone de contrôle. Si on ne peut prévoir l’imprévisible, comment s’assurer que nous serons en mesure de résister aux turbulences? 

Réduire les iniquités pour renforcer notre capacité d’adaptation collective

Les crises et les bouleversements majeurs ne sont pas de nouvelles réalités (vous souvenez-vous de la pandémie de coronavirus?). Face aux crises, qu’elles soient humanitaires, naturelles, sanitaires, etc., les retours d’expérience et la recherche nous ont appris que la force des liens sociaux, la solidarité et la capacité à travailler de façon concertée constituent les principaux facteurs de résilience.

Or, les recherches sont claires: plus une société est inégalitaire, moins elle est résiliente face aux bouleversements. Améliorer notre capacité à faire face aux crises et renforcer nos solidarités passe donc inévitablement par la réduction des écarts sociaux. La réduction des iniquités constitue une stratégie sur laquelle nous avons le devoir d’œuvrer dès maintenant afin d’améliorer notre adaptabilité collective.

Des leviers d’action à l’échelle locale pour faire face aux bouleversements climatiques

En tant qu’acteurs et actrices des milieux de vie, plusieurs leviers d’actions sont à notre portée pour renforcer la robustesse de nos communautés. La capacité à se mobiliser en temps de crise, l’engagement citoyen et la confiance envers les institutions locales ne sont pas indépendants de la façon dont nous planifions et aménageons nos milieux de vie. Je vous propose donc trois leviers d’action à saisir pour favoriser ces facteurs de résilience.

Sortir durablement de la crise en habitation

Le Québec subit de plein fouet les conséquences d’un système d’habitation dysfonctionnel. L’itinérance et la précarité résidentielle persistent et creusent davantage les inégalités sociales. Or, l’un des principaux facteurs de protection contre les effets des changements climatiques consiste à résider dans un logement sain et abordable, à proximité des services de première nécessité.

Nous ne pourrons donc prétendre nous adapter tant et aussi longtemps que nous ne positionnerons pas l’habitation au cœur de nos préoccupations climatiques. Heureusement, une sortie de crise est possible en se donnant les moyens collectifs d’y parvenir. 

Encourager la participation citoyenne

Renforcer la démocratie locale, multiplier les occasions de participation citoyenne et faire de réels efforts pour rejoindre les personnes vulnérables et marginalisées sont des manières concrètes de renforcer les solidarités et le sentiment d’appartenance à un lieu. En favorisant des formes actives de participation, on s’assure que les projets et les idées répondent réellement aux besoins des premières et premiers concernés, tout en renforçant les liens de proximité et la collaboration, si précieux en temps de crise.  

Viser l’équité territoriale

Des recherches démontrent que l’absence de lieux de rencontre, la dégradation du cadre bâti ainsi que le sous-investissement dans les services publics, notamment en transport collectif, accentuent le sentiment d’abandon des personnes par les pouvoirs publics et contribuent à la polarisation politique.

En ayant pour objectif de réduire les écarts de qualité de vie entre les territoires et en adoptant une lunette équité dans l’ensemble de nos décisions d’aménagement, on peut réduire les injustices historiques que subissent certaines communautés et certains territoires et rétablir la confiance envers les pouvoirs publics, au bénéfice de toutes et tous.

Poursuivons la réflexion au Rendez-vous Collectivités viables

Pour se donner un moment de réflexion collective sur ces enjeux complexes, Vivre en Ville consacre sa 10e édition du Rendez-vous Collectivités viables aux questions d’adaptation et de résilience de nos communautés. Cette année, des expertes et experts venus de Détroit, de La Nouvelle-Orléans, de Copenhague et de Reykjavík se joindront à des voix québécoises du milieu municipal, de la recherche et de la santé publique pour explorer comment faire de l’équité un pilier central de l’adaptation climatique de nos collectivités. 

Venez poursuivre la discussion avec nous le 18 juin 2026, au Marché Bonsecours à Montréal. Au plaisir de vous y voir!

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